Le livre que je ne voulais pas écrire par Erwan Larher

Résumé :
Je suis romancier. J’invente des histoires. Des intrigues. Des personnages. Et, je l’espère, une langue. Pour dire et questionner le monde, l’humain. Il m’est arrivé une mésaventure, qui est une tuile pour le romancier qui partage ma vie : je me suis trouvé un soir parisien de Novembre au mauvais endroit au mauvais moment ; donc lui aussi.
Avis :
Voilà un livre que je ne voulais pas lire….
La première fois que j’en ai entendu parler, c’était à travers un article de Baptiste Ligier cet été sur Facebook. J’avais laissé un commentaire comme quoi je n’avais pas envie de lire ce livre. Puis plusieurs personnes ont réussi à me convaincre. Certaines personnes savent pourquoi je ne voulais pas le lire et je ne m’étendrais pas trop sur le sujet.
Ce livre parle de ce qu’a vécu Erwan lors du 13 Novembre 2015 au Bataclan. Il faisait partie des victimes de ce triste soir qui a endeuillé la France entière.
Longtemps il n’a pas voulu en parler car il ne voyait pas pourquoi il le ferait. Il ne voyait pas la légitimité qu’il pouvait avoir même si il était, parmi les victimes, le seul écrivain. Mais à force d’en parler, le processus d’écriture s’est mis en route.
Ce livre est son témoignage sur ce qu’il a vécu et sur ce qu’il ressent par rapport à cet événement.
Mais il y a aussi d’autres choses dans ce livre.
A un moment, il se met à la place des terroristes.
C’est un passage qui est assez difficile à lire et qui l’a été à écrire je pense. Mais il réussi à faire quelque chose d’incroyable. J’ai eu l’impression qu’il cherchait à entrer dans leur tête pour les comprendre sans les excuser à un seul moment mais aussi pour leur dire le fond de sa pensée. Ces passages, en plus d’être bien écrit, sont très bien documentés. Il s’adresse même à eux comme pour essayer de faire réagir. Un passage est très intéressant, c’est celui quand un des terroristes dit qu’il faut dire à Hollande que c’est de sa faute (l’attentat) et que c’est pour venger leurs « frères » morts en Syrie. Erwan analyse cette phrase et montrent à quel point se venger sur eux (civils en France) est vain.
Dans ce livre, il laisse aussi la place à ses proches. Il a laissé la parole à certains d’entre eux pour qu’ils racontent comment ils ont vécu cette soirée et parfois les jours qui ont suivi. Ces chapitres permettent de prendre du recul et de voir l’impact de cet événement et de ce qui est arrivé à Erwan sur ses proches. L’écriture de ces chapitres est sincère et très touchante.
Erwan nous raconte aussi ce qu’il a vécu juste avant cette soirée et ce qu’il s’est passé les jours et les mois suivants. Il partage à peu près tout avec nous y compris ses réflexions. Il parle de lui, pendant un bon moment, à la deuxième personne. Cela lui permet je pense de prendre du recul. Il fait ceci aussi pour nous parler de son passé mais aussi de ce qu’il a vécu au moment des faits et après.
Une des inquiétudes d’Erwan m’a fait sourire pas parce que c’est drôle mais parce qu’au milieu de tout ça, ça montre l’importance de la moindre petite chose. Elle peut paraître étrange au début mais en faite on comprend que pour lui c’est vital. Je n’en dirais volontairement pas plus.
Au début, j’ai eu du mal à lire ce livre comme je m’y attendais. Il m’a fallut plus de temps que d’habitude pour le lire que pour d’autres livres. Certains passages, surtout au début, sont assez difficiles à lire. Mais à aucun moment on ne tombe dans le côté larmoyant. Il n’y a aucun voyeurisme dans ce livre, uniquement de la sincérité.
Ce livre est très fort et admirablement bien écrit. Je ne connaissais pas la plume d’Erwan ni Erwan lui même. J’ai eu l’impression de le connaître un peu avec ce livre.
On est parfois surpris par certains passages face à ce qu’il s’est passé mais cela nous montre que la vie continue et qu’il faut continuer à vivre malgré les événements difficiles.
Ce livre est devenu au fur et à mesure de la lecture un coup de cœur.
Vous ne pouvez pas passer à côté d’un tel témoignage. 

 

Ce livre a, selon moi, valeur de document historique pour comprendre l’impact de cette horrible soirée.
Édition :Quidam Éditeur  – Date de parution : 24 Août 2017 – 268 pages

 

2 commentaires

  1. Il parle de lui à la seconde personne du singulier non plutôt ? Le ''tu'' est majoritairement employé.
    Article très personnel 🙂 Mais en même temps c'est le genre de lecture qui laisse rarement indifférent.

    J'aime

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