Un funambule sur le sable par Gilles Marchand

Résumé :

Naître, grandir, aimer, enfanter : rencontrez Stradi, un jeune homme qui, malgré son handicap de naissance, mène sa vie avec un optimisme invincible.

 

Stradi naît avec un violon dans le crâne. Cette anomalie rare fait la joie des médecins, et la souffrance de ses parents. D’abord condamné à rester à la maison, il peut finalement aller à l’école et découvrir que les plus grandes peines de son handicap sont l’effet de la maladresse ou de l’ignorance des adultes et des enfants. Mais, à ces souffrances, il va opposer chaque jour son optimisme invincible, hérité de son père inventeur et de sa mère professeur. Et son violon, peu à peu, va se révéler être un atout qui, s’il l’empêche de se concentrer sur ses devoirs, lui permet toutes sortes d’autres choses : rêver, espérer… voire parler aux oiseaux. Un jour, il rencontre l’amour en Lélie, une jeune femme déterminée qui s’éprend de lui. Ils vont s’aimer, se quitter, se retrouver, et faire couple. Jusqu’au moment où cette fantaisie permanente de Stradi va se heurter aux nécessités de la vie adulte : avoir un travail, se tenir bien, attendre la mort dans l’ennui le plus total. Comment grandir sans se nier ? Comment s’adapter sans renoncer à soi ? Stradi devra découvrir qui il est, s’il est défini par son handicap, ou s’il peut lui échapper. Est-ce lui qui est inadapté, ou le monde qui est inadapté ?

Avis :

Depuis son premier livre, Une bouche sans personne, j’entends beaucoup parler de Gilles Marchand. Les critiques sur ces livres sont toutes plus élogieuses les unes que les autres.
J’ai eu la chance de le rencontrer deux fois et c’est un auteur extrêmement gentil et très abordable. Mais je ne l’avais pas encore lu…Son dernier livre fait l’unanimité autour de moi. J’avais vraiment hâte de le lire mais j’ai préféré attendre un peu que les choses retombent autour de ce livre pour enfin m’y mettre.
Dans ce livre, nous suivons Stradi. Nous faisons sa connaissance à sa naissance et nous le suivons tout au long de sa vie. Mais Stradi n’est pas comme les autres, il a un violon dans la tête. Au début c’est un peu difficile à imaginer, ce qui est normal. Mais au fur et à mesure du livre, on s’y fait et il fait partie intégrante de l’histoire. Ce personnage nous émeut très rapidement. On s’y attache très vite. Son handicap le rend vulnérable mais c’est aussi un atout. Il a un regard dès son enfance, sur la vie qui est très intéressant et très mature.
La difficulté que va très vite rencontrer Stradi et qui sera présente pendant tout le livre, c’est de se faire accepter par les autres et de pouvoir vivre une vie normale ou presque. Le regard des autres est ce qui le préoccupe le plus. Mais par chance il ne sera pas le seule à être différent et cela va beaucoup l’aider pour mieux appréhender sa différence. Le regard des enfants est le plus souvent ce qu’il y a de plus difficile. Ici ce n’est pas le cas et c’est surprenant. Il n’y a pas de méchanceté trop forte.
La relation avec les autres est ce qui va aider Stradi à grandir et à se construire. Il faut d’abord parler de celle avec sa famille.
Avec son frère, ils ne sont pas très proches au début du livre. Ils ont une relation « normale » qui n’est ni trop proche ni difficile. Mais à la fin du livre ce lien va être être d’une grande importance pour Stradi. C’est ce qu’il y a de beau entre eux : pas besoin d’être fusionnel, ils s’aiment à leur manière avec de la bienveillance.
Avec sa mère, la relation est celle d’une mère avec son fils : beaucoup de bienveillance, pas de jugement, juste de l’amour.
Par contre celle avec son père est bien différente. Son père, déjà, n’est pas un père comme les autres. On le voit un peu comme un fou mais c’est quelqu’un qui vit dans son monde à lui. Il est difficile à comprendre et cerner. J’avoue que j’étais un peu perdue face à lui.
Stradi a peu d’ami mais Max est celui qui compte le plus pour lui. Max est comme Stradi il est différent. Ces deux là se comprennent et se soutiennent. Leur amitié est présente pendant tout le livre et on la suit avec plaisir. Max est un personnage plutôt attachant. C’est un fan de musique jusqu’à l’obsession. C’est une passion qui envahit sa vie et la dirige aussi. Quand il est adulte cela devient très étrange.
Et puis on ne peut pas ne pas parler de Lélie. Par contre je ne peux en dire trop sous peine de vous dévoiler une partie des événements. Lélie est le premier amour de Stradi. Cela va avoir une incidence importante pour lui car pour lui plaire il va vouloir cacher sa différence. Il va apprendre aussi à s’accepter un peu plus. Le début de cette relation est très belle et drôle, cela ressemble un peu au jeu du chat de la souris.
L’écriture de Gilles Marchand est belle, émouvante avec plein de moments très drôles et loufoques…voir un peu trop. Il y a peut être un peu de trop de situations loufoques, étranges dans la seconde partie du livre. Du coup j’ai trouvé que cela donne quelques longueurs. Mais il n’y a pas que cela. On n’est parfois un peu trop dans le descriptif de ce que ressent Stradi et du coup ça part un peu dans tous les sens. Ces deux éléments m’ont un peu perdu par moment et cassent un peu le rythme du livre.
Cependant ces moments « absurdes » m’ont un peu fait penser aux livres de Mathias Malzieu que j’aime beaucoup. Mais aussi ce côté de vouloir faire passer un message. Ici c’est sur la différence. Le thème est très bien traité. Le faite de suivre un personnage tout au long de sa vie montre bien que le regard que l’on pose sur soi évolue.
La fin du livre est très touchante. On se doute un peu que Stradi sera confronté à un choix et qu’il ne pourra pas faire autrement. On garde espoir pour Stradi et son avenir.
Ce fut une lecture agréable et pas prise de tête. Mais contrairement à la plupart de mes copines blogueuses, ce n’est pas un coup de cœur. Il m’a manqué ce petit plus pour vraiment aimer et les quelques longueurs m’ont un peu gâché mon plaisir de lecture. Je comprends quand même ceux qui ont eu un coup de cœur avec ce livre. Je ne suis juste pas assez réceptive à ce genre de lecture.

 

Gilles Marchand est un auteur à suivre et je lirais avec plaisir, dès que possible, son précédent livre 😉

Édition : Aux Forges de VulcainDate de parution : 24 Août 2017 – 353 pages

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