L’homme brut de Bertrand Legendre

Présentation de l’éditeur :

Le destin d’un artiste opportuniste et misanthrope dans le business de la mémoire du Débarquement.
En Normandie, les plages et leur alignement de blockhaus à l’abandon sont le théâtre de nouvelles batailles. Entre les commémorations du Débarquement et la manne touristique, le commerce de la mémoire se porte bien. La guerre ? Marcel dit l’avoir faite. Il finit même par le croire et par en vivre. Pour sortir d’une existence de petits riens, de l’ennui, il fabrique de faux souvenirs en série. Mi-trafiquant, mi-artiste brut, misanthrope autant que mélancolique, il croit avoir tout compris du cynisme de son époque.Si l’Histoire laisse peu à peu la place aux bibelots, pourquoi ne pas tâter à l’argent facile et au succès ? Pourquoi ne pas prendre les médias à leur propre jeu et rouler les décideurs régionaux dans la farine ? Pourquoi ne pas aller jusqu’au bout ?

Avis :

Qu’est que j’aime découvrir les premiers romans ! Généralement ils viennent du cœur et des tripes avec tous leurs petits défauts mais qui laissent parfois entrevoir un bel avenir pour l’auteur. On ne peut pas les juger en les comparant au précédent, on peut juste dire qu’il ne peut y avoir qu’une marge de progression possible.
Ce qui m’a attiré vers ce roman, c’est le faite qu’il se passe en Normandie et que l’on parle du débarquement. La Seconde Guerre Mondiale, est une période l’Histoire qui m’a toujours beaucoup intéressée. Elle est très riche et sa mémoire est extrêmement importante pour les générations qui suivent et celles qui vont arriver.
Ici on comprend que l’on va voir jusqu’où ce devoir de mémoire peut conduire. On voit l’utilisation qui en est fait par les gens présents sur place.
La galerie des personnages de ce livre est très vaste. On passe de Marcel, celui qui se prend pour l’artiste local mais aussi un de ceux qui ont connus la guerre, aux différentes autorités locales en passant par un entrepreneur local aussi.
Tout ce petit monde cherche ce que peut lui rapporter ce lieu chargé d’histoire, les plages du Débarquement.
On se concentre en grande partie sur le personnage de Marcel qui est très antipathique d’emblée. Lui la grande Histoire il s’en moque clairement et va s’inventer une vie pour exister. Même si on n’est pas d’accord avec ce qu’il fait, on se demande à un moment si il avait vraiment un autre choix pour survivre.
Du côté des différentes autorités locales, il n’y a aucune faute de la part de l’auteur au contraire ils sont tout ce qu’il y a de plus réaliste. Chacun cherche ce qui va lui permettre de garder son poste, de s’en mettre plein les poches et si possible d’évoluer vers quelque chose d’encore meilleur pour lui. L’auteur les décrit et les mets en scène à merveille pour que l’on voit bien leur perfidie. Ils sont tous très intelligent pour arriver à mener leur petit business. On pourrait les comparer aux membres d’une mafia.
Il y a un personnage qui au début ne paye pas de mine mais qui au fur et à mesure du livre devient de plus intéressant, c’est l’entrepreneur Peraira. Il se révélera être d’une importance capitale.
Du côté de l’histoire, j’avoue que je me suis un peu ennuyé au début le temps de me familiariser avec la situation. Il y a beaucoup de descriptions du contexte local qui se révèlent au final extrêmement intéressante. Et quand on prend le livre dans son ensemble, on se rend compte qu’il est très proche de la réalité. Si on me dit que c’est un documentaire et non une fiction je serais presque tenté d’y croire.
L’auteur dépeint ces personnages de manière à les rendre réel. Je ne serais pas non étonné d’apprendre qu’il s’est inspiré de personnes qui existent.
Sur le déroulement de l’histoire, je n’ai pas grande chose à dire. Tout est cohérent. Mais l’auteur nous mets sur la voie que les choses vont se compliquer à un moment donner. C’est un peu la leçon du livre, chacun veut que les choses aillent dans son sens au risque qu’elles se retournent contre lui.
Cependant la fin du livre m’a déçu. Même si on se doute de comment cela va se terminer, il reste des zones d’ombres sur les conséquences et donc la suite.
C’est une lecture qui fut rapide et plutôt agréable mais qui ne m’a pas emballé plus que ça. Tous les éléments se tiennent et sont plutôt réussis mais la fin gâche un peu cette histoire empreinte d’un réalisme qui en dit long.

Editions : Anne Carrière – Date de parution : 6 Avril 2018 – 250 pages

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.