Pirate n°7 de Elise Arfi

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Présentation de l’éditeur :

L’histoire vraie d’une rencontre bouleversante entre un pirate somalien et une jeune avocate française.
En 2011, Fahran participe à une opération de piraterie au cours de laquelle un navigateur français est tué et sa femme prise en otage. Miséreux parmi les miséreux, âgé de 16 ans, le somalien est capturé et arraché à sa terre natale pour être jugé en France contre toute logique judiciaire. Il est incapable de prouver son âge ni son identité. Il ne comprend pas grand chose aux faits qui lui sont reprochés. Encore moins pourquoi il encourt 20 ans de réclusion criminelle.
Durant quatre ans, de cellule en hôpital psychiatrique, Fahran vit un enfer. Au déracinement culturel, affectif, à la barrière de la langue, à l’absence totale de ressource pour cantiner, s’ajoutent des maltraitances. Il commet plusieurs tentatives de suicide.
Durant quatre ans, son avocate, commise d’office, s’efforce de garder Fahran en vie. L’objectif tourne à l’obsession. Provoquant découragement, culpabilité et envie d’en découdre, ce dossier au long cours la renforce et l’affaiblit tour à tour. Le sort de Fahran l’oblige à affronter rudement les autorités en charge du dossier. A ouvrir les yeux sur un système coercitif qui fabrique des fous. À interroger sa vocation.
Pirate N°7 est le huis-clos éprouvant, et parfois drôle, entre une avocate et son client. À l’instar des jurés lors du procès, le lecteur se laisse bientôt surprendre par la compassion. À mille lieues de son quotidien et de sa confiance naturelle dans la justice, il découvre, grâce à l’impressionnant talent d’Elise Arfi, une fraternité possible avec un jeune prisonnier somalien.

Avis :

Ce livre sera ma dernière lecture de l’année 2018. C’est au détour d’une conversation avec Astrid, l’attachée de presse des Editions Anne Carrière, qu’elle me propose ce livre. J’en avais entendu parler via quelques articles de blog. J’aime lire des livres pas prévus et faire des découvertes alors je me suis lancée.

Ce livre est le récit d’une avocate commise d’office et de son client Fahran.

Après une rapide présentation d’elle même et surtout de son choix d’être avocate commise d’office (choix qu’il est important de comprendre et sur lequel elle revient dans son récit), elle nous raconte en détail chaque moment qu’elle va vivre avec Fahran donc de tout le parcours de l’avocate et de l’accusé.

Les termes utilisés sont précis et pour moi qui est fait un peu de Droit c’était une manière de les réviser pas désagréable du tout. Cependant pour les néophytes, cela peut être un peu déstabilisant au début.

Mais ce que je retiens de ce récit c’est l’injustice permanente et parfois l’absurdité de la justice française. On peut penser au début que l’auteure n’est pas objective mais avec un peu de recul et ce que l’on a pu entendre aux infos, on n’est obligé de se dire qu’elle nous décrit la réalité sans prise de partie.

Il s’empare alors de nous un sentiment de révolte, d’une colère profonde face aux différentes situations. La première et la plus marquante c’est quand il s’agit de donner un âge à Fahran. Il existe une méthode qui passe par une radiographie des os. Sauf que cette même méthode est contestée par de très grand spécialiste très reconnu. La justice préfère croire en une méthode très contesté au lieu de la parole de ce jeune homme car elle part sur le grand cliché mais à la fois (malheureusement) fait qu’ils disent tous qu’ils sont mineurs. Elle aura beau argumenter dans tous les sens possibles, la justice a déjà son avis sur la question.

Ce qui est aussi révoltant est la situation dans les prisons. L’avocate est la dernière à être au courant de ce qu’il se passe et cela ne choque personne. On voit ainsi la déshumanisation qui s’opère dans ce système carcérale qui se croit tout permis et qu’il n’est pas bon de critiquer sous peine d’une grève. Les exemples sont multiples et tous plus aberrant les uns que les autres.

Ce livre vous mets à la fois mal à l’aise et en colère contre cette justice française qui n’en a que le nom.

En dehors de la situation de Fahran il y a aussi ce que vit l’avocate. Elle nous montre bien à quel point cette situation l’affecte plus qu’aucune autre affaire. Elle essaye de prendre du recul mais elle n’y arrive pas. On voit aussi qu’en tant que femme avocate, elle n’est pas traitée de la même façon. Elle le montre bien quand elle dit que quand un avocat s’emporte en plaidant c’est normal mais quand une avocate le fait elle passe pour une hystérique.

La lecture de ce livre est nécessaire pour comprendre une partie du système judiciaire et carcérale en France, pour voir qu’ils ont besoin d’être entièrement repensé sous peine de nous conduire à une vraie catastrophe.

Editions : Anne Carrière – Date de parution : 12 Octobre 2018 – 250 pages

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