Le paradoxe du bonheur de Aminata Forna


71pVRt8RK+L

Présentation de l’éditeur :

Un soir de février, à Londres, un renard traverse un pont, une femme percute un passant. Elle est américaine, il est ghanéen. A partir de cet événement presque banal, Aminatta Forna tisse le long de la Tamise, à deux pas des monuments et des beaux quartiers, une succession de rencontres improbables entre ces deux personnages et des étrangers de l’ombre qui travaillent dans les arrière-cours des théâtres, les parkings ou les cuisines des palaces. Une communauté disparate d’exilés qui, sans se connaître, se mobilisent pour rechercher un petit garçon dont on a perdu la trace. Un roman sur la vie souterraine des grandes métropoles. sur la cohabitation entre les humains réunis par le hasard ou les guerres du monde, entre les hommes et les animaux sauvages. Un récit entrecroisé sur le bonheur qui, et c’est le moindre de ses paradoxes, est là où on ne l’attend pas et qui tient parfois à la présence d’un renard sur un pont, à Londres, un soir de février.

Avis :

En commençant ce livre, je ne savais pas trop dans quoi je m’embarquais. Le premier chapitre ne m’a pas vraiment accroché. La chasse au loup dans les années 1830 n’est pas un sujet qui va me passionner. Mais ensuite on revient à notre époque, à Londres plus précisément.

Du loup, on passe au renard. Me voilà toujours pas convaincue par ce livre. Cependant, étrangement, j’ai quand même continué. Et j’ai bien fait !

On suit deux personnages qui a priori n’ont aucun point commun. D’un côté nous avons Attila qui est un psychiatre spécialisé dans le stress post traumatique dans les zones de guerre. Cet homme est un solitaire qui n’a pas vraiment de « chez lui » à cause de son travail. C’est un personnage que l’on apprend à connaitre au fur et à mesure du livre et aussi à apprécier. Il ne se livre pas comme ça à nous et aux autres personnages. Mais on découvre au fur et à mesure que c’est un tendre. Son lien avec le personnage de Rosie est profondément touchant.

Et puis nous avons Jean. Son prénom m’a un peu déstabilisé au début de la lecture du fait que pour nous c’est un prénom masculin. Mais ce personnage… C’est un très très gros coup de cœur !!!

C’est une scientifique qui étudie les renards à Londres mais elle conçoit aussi des jardins sur les toits des immeubles. Ce personnage a eu une vie avant d’être à Londres que nous allons découvrir au fur et à mesure du livre. Elle va faire face à beaucoup de difficultés dans son travail avec les renards. C’est là que je me suis reconnue en elle car j’ai vécu la même chose dans un autre domaine. Elle est attaquée très violemment parfois mais elle reste digne et sûre d’elle et de ce qu’elle pense. Cette femme elle en a dans le pantalon et ça j’adore ! Elle a une force en elle qui fait que je suis admirative. Elle ne m’a pas déçue à un seul moment. Je me suis surprise à me dire « vas-y ma cocotte ! c’est toi la meilleure ! c’est toi qui a raison ! ».

Du côté de l’histoire, il n’y a pas un rythme de fou à part pendant la fugue d’un petit garçon. On prend son temps, on rencontre des êtres humains qui n’ont rien à voir entre eux ou presque. Les événements vont faire que ces expatriés vont s’unir et se lier d’amitié. Il y a beaucoup d’humain sans tomber dans les bons sentiments tous mielleux. On n’est pas dans le conte philosophique mais presque. Il y a une leçon derrière ce livre. L’auteure nous montre qu’à travers les épreuves difficiles on peut toujours s’en sortir. Il n’y a pas de fatalité, il y a toujours un peu d’espoir. Il faut se tourner vers l’humain et apprendre à lui faire confiance même cela n’est pas toujours évident quand on voit comment il est capable de se comporter.

Je me suis laissé embarquer dans cette histoire, dans cette ville et avec ses personnages. Je ne sais pas si j’étais plus réceptive mais en lisant je me voyais à côté d’eux et je ressentais leurs émotions. On s’attache à tous ces personnages qui sont parfois invisibles (il y a des agents de sécurité, des cuisiniers, des balayeurs…).

Ce fût une très belle lecture. On n’est pas dans le feel-good ni dans la romance, mais juste dans un livre qui vous parle de l’humain d’aujourd’hui et qui vous redonne un peu d’espoir et foi dans l’âme humaine.

Mention spéciale pour les passages sur ce que mangent les personnages : j’en avais l’eau à la bouche à chaque fois ! Pas de nourriture toute prête mais de la vraie cuisine !!

Editions : Delcourt – Date de parution : 9 Janvier 2019 – 416 pages

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