L’Américaine de Catherine Bardon

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Avis :

Le précédent livre de Catherine Bardon était un coup de cœur. Je l’avais choisi suite à une chronique de Gérard Collard. On suivait Almah et Wilhem à partir de leur rencontre jusqu’à leur exil forcé en République Dominicaine à cause de la seconde guerre mondiale. C’est une fresque familiale qui mêle tout un tas de personnages au fur et à mesure de la grande Histoire.

Dans ce nouveau livre (qui est une suite mais peut se lire indépendamment), on va suivre toujours Almah mais surtout sa fille Ruth.
Ruth a décidé de partir aux États Unis pour réaliser mais surtout celui de son père : devenir journaliste.
Cependant cela ne sera pas aussi simple car elle est aussi en plein quête d’identité. Elle appartient à la génération d’après la Shoah. Ces parents sont juifs autrichiens, elle est dominicaine partie vivre aux États Unis et elle a de la famille partout dans le monde.
Dans ce livre Ruth va apprendre à se construire et à trouver son identité. Au même moment, son pays de naissance va subir une guerre civile dans laquelle sa mère et son frère vont se retrouver confronter.

L’auteure nous raconte cette histoire sur cinq années. On alterne entre l’histoire de Ruth et celle d’Almah au gré des chapitres.
En lisant les premiers chapitres, je me suis rendue compte que les personnages m’avaient manqué depuis « Les Déracinés ». C’est ainsi que j’ai compris à quel point ils sont attachants. De plus l’auteure dans sa manière d’écrire nous mets au plus près d’eux et nous fait ressentir ce qu’ils ressentent. On se sent donc automatiquement très proche.

Mais le personnage qui m’a le plus bouleversé et marqué c’est bien Ruth. J’ai aimé la voir grandir dans ce nouveau monde qui s’offre à elle. Au fur et à mesure des pages, elle prend de la puissance. Je me suis aussi beaucoup reconnue en elle. J’ai partagé ces moments de doutes car j’ai vécu exactement les mêmes pour les mêmes raisons (ou presque). Cette jeune femme m’a fasciné. Malgré les épreuves, elle reste debout et continue d’avancer. Elle a la chance d’être entouré de gens fantastiques qui répondent toujours présents quand elle a besoin.
Le personnage d’Arturo fait parti de ceux que j’ai beaucoup aimé. Il est un peu comme Ruth, il apprend à grandir et à évoluer dans un autre monde que le sien. De plus à travers ce personnage, on aborde une thématique très intéressante pour l’époque…mais je ne vous dirais rien sous peine de vous spoiler.
Quant au personnage d’Almah, elle reste égale à elle-même. C’est un roc, une boussole pour ceux de sa famille et de sa communauté. Elle a toujours cette énergie, cette force qui lui permet d’avancer quoi qu’il arrive. L’âge n’a pas de prise sur elle. Dans ce livre elle se découvre aussi un nouveau rôle…mais là non plus je ne dirais rien, pas de spoil. 😉

C’est un livre que j’ai lu avec beaucoup de plaisir. En plus de suivre ces personnages, on en apprend un peu plus sur l’Histoire et sur certains moments peu connus (du moins pour moi). C’est là que je suis admirative du talent de Catherine Bardon, elle a su ancrer son histoire dans la grande Histoire sans que cela paraisse étrange. Il y a une fluidité remarquable qui font qu’en même temps qu’on prend du plaisir à lire, on apprend aussi !
Les chapitres sont aussi très bien construits. A chaque fin de chapitre il se passe en général quelque chose qui font que vous avez envie d’enchaîner avec un autre.
Mais à un moment on se rapproche de la fin… J’avoue avoir essayé de repousser ce moment tellement je me sentais bien dans ce livre. Cependant l’auteure nous y prépare pendant plusieurs pages. Ainsi on ressent moins cette tristesse de les quitter tous.
Toutefois, mon petit doigt me dit qu’une suite se prépare !

Je ne peux que vous recommander ce livre qui fut pour moi un coup de cœur et un doux moment de lecture.

Merci Catherine !

Présentation de l’éditeur :

Septembre 1961. Depuis le pont du bateau sur lequel elle a embarqué, Ruth tourne le dos à son île natale, la République dominicaine. En ligne de mire : New York, l’université, un stage au Times. Une nouvelle vie… Elle n’en doute pas, bientôt elle sera journaliste comme l’était son père, Wilhelm.
Ruth devient très vite une véritable New-Yorkaise et vit au rythme du rock, de l’amitié et des amours. Des bouleversements du temps aussi : l’assassinat de Kennedy, la marche pour les droits civiques, les frémissements de la contre culture, l’opposition de la jeunesse à la guerre du Viêt Nam…
Mais Ruth, qui a laissé derrière elle les siens dans un pays gangrené par la dictature où la guerre civile fait rage, s’interroge et se cherche. Qui est- elle vraiment ? Dominicaine, née de parents juifs autrichiens ? Américaine d’adoption ? Où va-t-elle construire sa vie, elle dont les parents ont dû tout fuir et réinventer leur existence ? Trouvera-t-elle la réponse en Israël où vit Svenja, sa marraine ?
Entrelaçant petite et grande histoire, explorant la question de l’exil et de la quête des racines, Catherine Bardon nous livre une radiographie des États-Unis des années 1960, en poursuivant la formidable fresque romanesque inaugurée avec Les Déracinés.

éditions : Les Escales – Date de parution : 14 mars 2019 – 480 pages

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