Les mains vides de Valerio Varesi

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Présentation de l’éditeur :

 » Vous parlez comme un curé ou un communiste. Vous pensez vraiment que les gens la veulent, la liberté ?  »

« Les mains vides » est le quatrième volume des enquêtes du commissaire Soneri, désormais bien connu des lecteurs français. Valerio Varesi continue avec maestria à arpenter les rues de Parme, les bas-fonds et l’histoire tourmentée.
La chaleur humide et gluante du mois d’août à Parme reflète la situation du commissaire Soneri, aux prises avec une affaire poisseuse. Francesco Galluzzo, un marchand du centre, a été battu à mort dans sa maison par des agresseurs inconnus. Le vol semble un motif évident, mais les premières investigations pointent plutôt vers une  » leçon  » qui s’est mal terminée. D’autres recherches conduisent le commissaire à un usurier connu, Gerlanda, à qui la victime devait de l’argent. Mais la vérité a mille visages, et Soneri trébuche bientôt sur une piste qui sent la cocaïne. Peu à peu, le policier réalise que la mort de Galluzzo ne représente qu’un détail, un détail presque insignifiant dans une image plus grande où la vraie victime est la ville elle-même. Un nouveau type de criminels, déguisés en sociétés financières et immobilières irréprochables, a remplacé la vieille garde, composée de gars comme Gerlanda, tout juste bon, désormais, pour la retraite. Avec amertume, Soneri ne peut que constater que sa chère ville de Parme s’est perdue : elle a remplacé Dieu par Mammon, idole toute-puissante qui ne vit que pour l’instant présent, et ne refuse pas quelques sacrifices… humains ?

Avis :

Il y a des petits plaisirs de lecture que j’attends avec impatience tous les ans. Le nouveau Valerio Varesi est en très bonne place et je le savoure à chaque fois.

Dès les premières pages je suis emporté de cette ville de Parme. Que le temps soit brumeux ou que la chaleur soit étouffante comme dans cette histoire, j’aime y revenir à travers les mots de Valerio Varesi.

Dans ce livre, il n’y aura pas des cadavres et du sang à toutes les pages comme c’est la mode chez certains auteurs pour plaire au plus grand nombre. Il n’y a qu’un seul meurtre qui sera le point de départ de cette histoire tentaculaire. La résolution ne sera pas simple car Soneri va se rendre compte que ce simple meurtre cache beaucoup plus de choses qui ne pouvaient l’imaginer.

Dans cette enquête on avance à vue comme Soneri. Ici on n’utilise pas la police scientifique comme unique moyen pour résoudre l’enquête. Soneri se concentre sur l’être humain, sur les relations entre les gens et surtout il utilise son instinct pour assembler les pièces de ce puzzle gigantesque qui le dépasse. On revient ici à la base, l’enquête de terrain. C’est quelque chose qui me plaît énormément car on revient en même à une forme de simplicité malgré une certaine complexité dans l’enquête.

La fin n’a rien d’extraordinaire. Il n’y a pas de grandes scènes de courses poursuite avec explosion et coup de feu. Mais cela ne reste pas moins surprenant. Il faut y voir une sorte de moral mais aussi une ouverture sur la suite.

Notre commissaire semble de plus en plus seul et presque las de se battre. Il a cœur de faire son métier mais il se retrouve confronté à une hiérarchie qui veut seulement briller avec des affaires classés pour faire du chiffre. Lui veut aller au fond des choses et c’est en ça que ce personnage me plaît énormément. Il ne se contente pas des faits et de quelques résultats qu’il interprète et analyse en profondeur. Il a une vision très large de ce qu’il se passe même si certaines choses lui échappent par moment. On sent que la suite des enquêtes de Soneri sera encore très différente et que les choses seront de plus en plus compliqués pour lui.

L’auteur utilise la ville et son ambiance particulière pour nous dépeindre la société d’aujourd’hui. Dans les livres de Valerio Varesi il y a toujours du fond. Ce n’est jamais seulement la simple résolution d’un meurtre mais la critique de la société d’aujourd’hui et ici de Parme en particulier. Il se sert de son personnage, le commissaire Soneri, pour nous montrer les travers d’une société gangrenée par l’argent et les luttes de pouvoir permanente.

En plus d’avoir réellement du fond, ce livre est servi avec une écriture divine. Elle vous enveloppe dès les premières jusqu’à la fin. Il y a un côté poétique mais aussi une capacité incroyable à vous restituer l’ambiance de cette ville. Valerio Varesi est un maître du polar qui sait nous garder en haleine jusqu’à la fin avec un rythme, tout au long du livre, parfait. Il maîtrise l’art du suspense comme personne.

Bref si tu ne l’as pas encore compris c’est un immense coup de cœur comme pour les précédents. Ils ont de plus en plus rare les livres qui me font cet effet-là. Je suis toujours heureuse, impatiente de le commencer mais je suis triste de le finir…

Cependant je me réjouis de savoir que l’année prochaine il y en aura un autre !  Pourvu que Valerio Varesi ne s’arrête pas d’écrire ! J’espère même un jour lire un de ses livres où il n’y aurait pas le commissaire Soneri.

C’est en librairie dès maintenant donc cours donc acheter cette merveille car tu ne seras pas déçu 😉

éditions : Agullo – Date de parution : 4 avril 2019 – 258 pages

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