Querelle de Kevin Lambert

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Présentation de l’éditeur :

Une grève éclate dans une scierie du Lac St Jean, dans le nord canadien. Derrière une apparente solidarité ouvrière, l’ennui et la dureté de la lutte, que seules rompent les nuits dans les bowlings et karaokés, révèlent les intérêts plus personnels de chacun.

Parmi ces ouvriers, il y a Querelle, magnifique colosse venu de la capitale, et Jézabel, issue d’une lignée rebelle de mère en fille. Doux et charnels, ces héros incarnent la liberté, la jouissance et la joie sauvages, hors des lois du marché et de l’aliénation familiale ou sexuelle.

Au gré des sabotages, des duels et des ivresses, la colère s’empare des grévistes et les événements se conjuguent dans un conflit généralisé aux allures de vengeance sociale.

Avis :

Voici un des romans de la rentrée littéraire qui semble être très attendu. Il est déjà sélectionné pour quelques prix littéraires (sélectionné pour le prix Sade et pour le prix littéraire du Monde). Mais ce n’est pas ceci qui m’a donné envie de lire mais plutôt le fait que déjà ce soit un livre d’un auteur québécois et ensuite le sujet du livre.

Nous voici au Québec dans une scierie du Lac Saint Jean en pleine grève. Jusque-là rien d’exceptionnel mais il y a un petit quelque chose qui parle au lecteur français au vue de l’actualité récente. On peut penser aux gilets jaunes à cause des revendications des ouvriers. Ils veulent que leurs conditions de travails soient revalorisées donc gagner plus. Mais bien sûr de l’autre côté il y a le patronat et là les choses sont tels que l’on peut l’imaginer : ils ne vont pas donner raison aux employés. Le bras de fer sera très long et semer d’embuches pour les employés comme pour le patron.

En parallèle de ça nous suivons deux personnages : Querelle et Jézabel. Ces deux personnages sont très différents l’un de l’autres mais ils sont très intéressants et même attachants. Tous deux travaillent à l’usine et font partie des grévistes.
Commençons par Querelle…
Ce personnage va en choquer plus d’un car l’auteur nous le présente de manière très cru et direct. Il n’hésite pas à utiliser ses charmes pour assouvir ses désirs et en tirer profit. Au début c’est très déstabilisant mais au final on s’y habitue et on passe un peu outre cette sexualité très présente juste pour ce qu’elle est. Querelle est le reflet d’une jeunesse qui se sent plus libre mais qui essaye aussi de se faire une place et on voit à quel point c’est compliqué surtout dans cette ville qui a gardé des mœurs d’un autre âge.
Quant à Jézabel, on peut penser que c’est l’exact opposé même si comme Querelle, elle n’échappe pas au jugement des autres mais pour d’autres raisons. Jézabel est une femme dans un milieu d’hommes. Il n’est pas facile pour elle de se faire une place mais d’une certaine manière il y arrive un peu plus que Querelle. Elle a la chance d’avoir une famille ce qui fait qu’elle est moins solitaire que Querelle. Cependant ces deux-là vont se rapprocher et se soutenir car l’un comme l’autre, ils doivent lutter tous les jours pour se faire une place.

Parmi les personnages, il y a aussi trois jeunes dont il n’est pas facile de parler. Leur histoire arrive de manière un peu étrange dans ce livre et on dirait qu’elle n’a pas de sens, pas de lien. Mais ce n’est pas vraiment le cas. Ils incarnent une forme de révolte eux aussi en ne voulant pas suivre les règles et les mœurs de de cette société. Je reste cependant encore un peu dubitative sur ce que cela apporte au livre.

Il y a bien d’autres personnages dans ce livre qui sont tous intéressants et que l’on suit plus ou moins. L’auteur maitrise bien la dynamique de groupe avec les avantages et les inconvénients. Cela fait de ce roman, un roman chorale.

Dans ce livre, tout est raconté sans tabou. Depuis son premier roman, l’auteur ne s’encombre d’aucune censure. Son écriture est directe et vient nous percuter de plein fouet. C’est là la grande force de ce livre. Mais en plus de cela il aborde des thématiques très difficiles et qui font vite polémique.

Ce livre est une fiction sociale qui même si elle se passe dans le Québec profond, nous parle à nous français. On voit la grève des deux côtés donc il n’y a pas vraiment de parti pris par l’auteur même si la fin du livre pourrait nous laisser penser le contraire. Mais la fin du livre, avec du recul, semble inévitable. Il nous montre aussi la fin d’un monde face à la mondialisation. 

Le prologue m’avait scotché et ensuite j’ai mis du temps à me plonger dans ce livre mais au final je n’ai pas été dessus. Le style est particulier et la manière de raconter l’histoire l’est aussi. Mais il y a une telle force dans ce que l’auteur veut nous transmettre qu’on va jusqu’au bout du livre sans être déçu. Dans ce livre tout n’est pas tout blanc ou tout noir, l’auteur nous offre une vision très large qui nous permet de nous faire notre propre avis. La fin du livre est peut-être discutable et on se dit que l’auteur a peut-être été jusqu’à imaginer une fin absurde mais la raison m’échappe un peu.

Ce livre est grand et ce livre ne va pas laisser indifférent et c’est ce qui est le plus important.

Pour moi ce fût une vraie découverte qui m’a amené à lire le premier livre de l’auteur (voir précédente chronique).

Editions : Le nouvel AttilaDate de parution : 23 Aout 2019 – 256 pages

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