Le terroriste joyeux de Rui Zink

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Présentation de l’éditeur :

Le Terroriste joyeux
Un dialogue. Deux personnages : un présumé terroriste face au policier qui l’interroge. Le premier est cueilli à la frontière, à sa descente de l’avion, transportant des explosifs. Sa défense : il n’a fait que les transporter pour son cousin, en échange d’un peu d’argent. Les autorités n’avaient qu’à lui demander de remplir préalablement un formulaire ! Le ton est donné. Au fil de l’interrogatoire, le doute s’installe, un glissement insidieux se produit, les rôles se défont : il n’y a plus un terroriste et un policier, mais simplement deux hommes. Et dans un système qui prône la suspicion, la méfiance et la haine de l’autre, le sort de ces hommes n’est peut-être pas si différent…

Le Virus de l’écriture
Un virus hautement contagieux se répand partout, et à grande vitesse : le nombre d’écrivains et de poètes augmente à vue d’œil. Et ils écrivent bien par-dessus le marché ! L’épidémie est d’abord saluée avec enthousiasme, considérée comme une nouvelle Renaissance par les journalistes, commentateurs et autres critiques. Bien vite, pourtant, les choses tournent vinaigre : les marchés et les magasins sont vides, la pénurie alimentaire menace, plus personne n’assume ses fonctions. Tout le monde écrit. Mais si tous écrivent, qui reste-t-il pour lire ? Ainsi s’interroge le narrateur, mystérieusement immunisé. Existe-t-il un espoir de trouver d’autres lecteurs pour former une cellule de résistants ? Pour empêcher la lecture et les langues de mourir ? Telle est la puissance, follement perverse, du virus.

Avis :

En préparant cette chronique, je me rends compte que je ne lis pas assez de livre des éditions Agullo. Ils ont pourtant des livres très intéressants et de qualité comme ceux de Valerio Varesi.

Ce qui m’a attiré ici c’est le titre. Il faut avouer que ce n’est pas commun et ça a de quoi intrigué le lecteur. Voici deux mots qui n’ont rien à faire ensemble à priori.

Mais ce qui encore plus intéressant c’est quand on commence la lecture de ce livre. C’est un dialogue entre deux personnages. Il n’y a aucune description. Juste du dialogue. J’avoue que je ne suis pas habitué à ce genre de format. On se rapproche du théâtre mais ce n’est pas ça. Je ne sais pas s’il y a un mot pour décrire cette forme. On s’habitue assez vite à la forme et on repère facilement qui est qui.

Cependant ce qui est le plus intéressant dans ce livre c’est le contenu, ce que ce terroriste et celui l’interroge on a se dire. Il y a d’abord beaucoup d’humour souvent très noir mais très juste. L’auteur joue avec la limite de ce qui est acceptable et ça marche très bien.

On a ensuite beaucoup de thèmes qui sont abordés. Il y en a quasiment un différent à chaque chapitre. La quatrième de couverture en dit presque trop mais elle montre bien qu’il y a une réflexion derrière ce dialogue complètement barré par moment. Il est question de torture, de religion ou encore du rôle des autorités. Cela peut paraitre un peu fouillis mais c’est en fait très censé et logique. Cela le devient encore plus quand une bascule s’effectue entre les deux personnages qui après se parlent sur un pied d’égalité.

 Malgré la forme peu habituelle, c’était une excellente lecture. L’auteur vise juste avec beaucoup d’humour. Il y a donc du fond et de la forme et en ce moment c’est ce que je recherche.

 Mais ensuite vient une nouvelle ! 

Au début j’étais un peu déstabilisé car je ne m’y attendais pas même si c’était précisé sur la couverture du livre.

Là encore il y a du fond et de la forme. Nous avons une réflexion sur l’écriture à travers une base de fiction : l’écriture est devenue un virus !

On pourrait croire que c’est complètement farfelu mais cela me rappelle un petit dessin paru lors d’une rentrée littéraire qui disaient que les gens ne lisent plus mais écrivent ! ce qui pouvait être sous-entendu dans le dessin c’est que la qualité n’était peut-être pas au rendez-vous. Sauf que dans la nouvelle c’est le contraire ! Tout le monde écrit et écrit même très bien. Mais le problème est le même : il n’y a plus de lecteur.

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 Je ne sais pas si j’ai aimé cette nouvelle mais ce que je sais c’est que la réflexion derrière a du sens et est intéressante. Aujourd’hui tout le monde peut se faire publier car les moyens sont là mais sans qu’il n’y est de vrai travail parfois derrière le texte. Je fais partie de ceux qui ne sont pas fan de l’auto édition à cause souvent du manque de travail éditorial sur un texte. Il n’y a souvent aucun recul de la part de l’auteur sur son travail.

Au final c’est un livre qui vaut vraiment le détour. On commence avec un texte absolument dingue mais avec du fond et on finit avec une nouvelle sur l’écriture qui offre une réflexion intéressante. Je ne peux donc que vous recommander ce livre d’une grande qualité dont il faut saluer la traduction !

Et je vais essayer de lire plus de livre de cette maison d’édition ! (Ça tombe bien j’en ai quelques-uns dans ma PAL numérique 😉 )

Editions : Agullo – Date de parution : 22 Aout 2019 – 111 pages

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