Mademoiselle Baudelaire de Yslaire

Présentation de l’éditeur :

Deux cents ans après sa naissance, Baudelaire continue de marquer les générations et le poète plane sur l’œuvre d’Yslaire depuis les origines. C’est pourtant Jeanne Duval, celle que le poète a le plus aimée et le plus maudite, que le dessinateur a choisie pour revisiter dans ce chef-d’œuvre la matière sulfureuse et autobiographique des Fleurs du mal. De Jeanne, pourtant, on ne sait presque rien, ni son vrai nom, ni sa date de naissance, ni sa date de décès. Aucune lettre signée de sa main ne nous est parvenue. Restent quelques témoignages, des portraits dessinés par Baudelaire lui-même, une photo de Nadar non authentifiée, sans oublier les poèmes qu’elle lui a inspirés. Jeanne, « c’est l’invisible de toute une époque » qui réapparaît dans la résonance féministe de la nôtre. Elle qui était stigmatisée comme mulâtresse, créole et surnommée « Vénus noire » en référence à la « Vénus hottentote », aimante tous les préjugés d’un siècle misogyne et raciste.

Avis :

Voici enfin la BD complète sur Baudelaire et sa « Vénus Noire » !  

Après avoir lu et admiré deux des trois sketchbooks, j’avais hâte de voir le résultat final. Même en les ayant lu, il n’y avait pas forcément toutes les scènes ni tous les détails.

Cette BD est très sombre comme l’histoire de ce poète.  Mais on y plonge avec curiosité car les dessins nous y invitent dès les premières pages.

La muse de Baudelaire est la narratrice de la vie de Baudelaire à travers une lettre qu’elle aurait envoyé à la mère de ce dernier à la mort du poète. C’est un pari risqué pour l’auteur de faire parler cette femme dont on ne sait presque rien. C’est là tout le génie de l’auteur en ressuscitant cette femme quasiment inconnue.

Dans son dessin, il mêle ses dessins, des photographies d’époque ou encore des documents. On a ainsi la source de ses informations. Mais parfois il faut faire preuve de curiosité pour décrypter certains dessins en pleines pages. Dans l’un d’entre eux on peut y retrouver une autre œuvre de l’époque de Baudelaire à propos d’un fait évoqué.

Comme je l’ai déjà dit dans une autre chronique, les dessins sont tellement puissants que l’auteur n’a pas besoin de dialogue. Il y a une force dans certaines scènes au point qu’elles envoutent le lecteur.

Il y a beaucoup de scènes de sexe mais rien de vulgaire. On est à la limite à chaque fois mais il y a aussi beaucoup de poésie dans ces scènes. Les choses sont parfois suggérées. Ces scènes sont particulièrement belles et très sensuels.

En plus de l’histoire de Baudelaire, on a aussi un aperçu de cette époque et des différentes personnes qui étaient autour du poète. C’est extrêmement intéressant pour comprendre dans quel environnement évoluait le poète.

Cette BD est fascinante de la première à la dernière page. Il y a beaucoup de force dans ces dessins. On est happé par eux et cette double histoire. C’est une œuvre qui marque le lecteur et qui va me marquer. L’auteur a réalisé un travail incroyable avec une qualité dans le dessin qui nous subjugue.

Editions : Dupuis – Date de parution : 23 Avril 2021 – 160 pages

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