L’inconnue de la Factory de Basile Panurgias

Présentation de l’éditeur :

Alvise est né et vit à Venise, où son père fait le commerce des fórcole, ces pièces de bois à la forme si particulière, fixées sur chaque bord des gondoles pour y soutenir les rames.

Bientôt, la fórcola, « l’âme de Venise », comme la définit le père d’Alvise, suivant l’idée d’une cliente américaine, traverse l’Atlantique avec le narrateur pour tenter de conquérir le marché américain.

Dans le New York branché des années 1990 et son univers des galeries d’art, ce jeune émigré italien vit au quotidien le contraste entre le monde nouveau de New York et la lagune assoupie, au vieux passé séculaire et lointain.

Un soir, au Bentley’s, « la seule boîte de nuit de New York, encore carnavalesque », Alvise rencontre une jeune femme, avec laquelle il flirte, mais qui dans la nuit disparaît sans laisser de trace. Mais Alvise doit jongler avec des colocataires peu scrupuleux, qui vont précipiter sa fuite et son retour à Venise.

Retrouvant sa ville natale et son rythme insulaire, le narrateur entame une vie nouvelle, habité par l’Inconnue croisée un soir. Aurait-il rêvé cette rencontre ? Qui est cette femme qui le hante ? Un souvenir frustrant ? La femme idéale ? Un fantôme ?

Avis :

Quand l’attaché de presse m’a proposé ce livre, je n’ai pas hésité une seconde pour dire oui. L’une des principales raisons c’est qu’une partie de l’action se passe à Venise, ville que j’ai découverte pour l’anniversaire de mes 30 ans avec mon chéri. J’espère y retourner un jour pour la découvrir encore mieux.

Mais avant cela ce livre nous offre un voyage dans les années 90 à New York, la ville de tous les possibles. Notre personnage principal, un vénitien, va essayer d’y trouver sa place via la vente des forcole. Il arrive au moment où cette ville explose artistiquement parlant. Ces amis sont dans ce milieu et c’est presque le seul sujet de conversation. Il y découvre aussi toutes combines quand on a peut d’argent pour s’en sortir.

Alvise est assez seul dans cette ville et il sent bien qu’il n’y a pas vraiment sa place. Mais le jour où il rencontre cette inconnue, tout bascule pour lui.

Cette première partie du livre est intéressante autant sur l’histoire d’Alvise que sur le plan de ce qu’il se passe dans ce New York des années 90. On sent bien que ça bouillonne et que les changements ne s’arrêtent pas. On voit autant le bon côté comme le mauvais côté de cette ville. Mais on voit aussi que c’est un peu la fin d’une époque et la modernité va engloutir cette ville et la changer.

Le personnage d’Alvise est attachant. J’ai beaucoup aimé sa vision des choses et son refus de trop de modernité mais de rester plus sur un côté plus artisanal des choses. On voit bien là son éducation resurgir en tant que vénitien de souche. Il est toujours un peu en décalage avec les autres et c’est quelque chose qui ma plu aussi car je me reconnais un peu là. Il est là en tant qu’observateur dans ce livre et très peu en tant qu’acteur des choses du moins jusqu’à un certain point du livre.

La seconde partie se passe donc à Venise et je peux vous dire qu’elle m’a ravie. On découvre la ville et surtout les petits détails et un peu de son histoire. Je ne connaissais pas tout ça car quand on va là bas on regarde cette ville comme un touriste lambda et non comme quelqu’un de curieux. Alvise nous parle de ce qu’elle était avant et de ce qu’elle devient. On le sent très nostalgique dans cette seconde partie et aussi impuissant de voir l’âme de Venise changer pour mieux correspondre à une certaine idée pour le tourisme. Cette ville ne vit que de ça et on voit bien que c’est un problème.

Son passé et son avenir sont en train de se jouer dans cette ville. Les réponses aux questions sont là pour lui et il lui faudra encore un séjour dans une autre ville pour le comprendre.

La fin du livre est magnifique et tellement représentative du livre et de la vie. Il y a la presque une morale, celle de ne pas rentrer dans la case qu’on nous demande de remplir mais de regarder à côté et d’écouter ses envies et ses rêves.

Avec ce livre je suis tombé encore plus amoureuse de Venise. L’histoire est belle et intéressante car on apprend beaucoup de chose avec ce que va vivre Alvise. Le style nous immerge bien et les pages ont défilées vite. Ce fût une très belle lecture qui m’a fait voyagé à travers des époques et des villes qui nous font presque regretter de ne pas y avoir été pour de vrai.

Editions : HérodiosDate de parution : 20 août 2020 – 219 pages

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