Expo habitat de Marie-Hélène Voyer

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Présentation de l’éditeur :

Elle a douze ans et autant de cabanes sur la câliboire de calvasse de câlasse de câlique de caltor de ferme, qu’elle a pourtant aimée plus que tout, sur les lignes de trappe, dans les traversées sinueuses où elle apprenait à marcher dans le noir, à dompter les pas inquiets, à habiter l’indépassable campagne.

Pour Marie-Hélène Voyer, chaque lieu est une manière d’être, une manière de dire – ou de taire. À travers un pays que l’on ne construit qu’en vivant, elle propose une formidable cavale poétique tout en épivardages, élancements, voyagements, enfargements et effarouchements. La voix ruse, se densifie, se transforme et s’adapte ; glisse la langue de l’enfance. Sur le mode de l’oscillation apparaissent une ruralité québécoise fascinante et angoissante, une urbanité creuse et décevante, et, ultimement, une boréalité salutaire.

Avis :

C’est seulement le deuxième recueil de poésie dont je vous parle sur ce blog. Mais celui-ci je l’ai choisi car l’auteure est québécoise et vous connaissez mon amour pour ce beau pays.

Pour ce genre de livre, il me fait un petit temps d’adaptation pour bien assimiler le style de l’auteure et où elle veut en venir. J’ai dû souvent relire certaines pages pour être certaine de bien comprendre ce qu’il se passait.
De plus j’étais un peu déstabilisée au début car le vocabulaire est parfois difficile à comprendre. Mais en feuilletant le livre, j’ai remarqué qu’il y avait un petit lexique à la fin.

Dans ce livre l’auteure commence sa prose dans la campagne profonde et va jusqu’à la ville moderne. Il y a 5 parties qui structurent très bien ce recueil. De la ferme familiale qui sonne comme la naissance à la ville moderne qui résonnent comme une fin pour l’être humain ou alors à un nouveau commencement, on se laisse bercer la poésie de l’auteur. Mais on termine quand même par un peu de lumière et une envie intense de retour au source avec une certaine nostalgie.
Pour le lecteur français, c’est un peu une manière de découvrir ces différentes facettes du Québec. Il est riche, dense et surtout fascinant. L’auteure nous montre comment l’humain façonne ce paysage pour qu’ils répondent à ses besoins. Mais elle nous interroge aussi sur ce qu’on en fait. À trop vouloir le façonner, ne perd-il pas de sa saveur ?

Je ne suis pas une spécialiste de la poésie mais celle-ci a su me faire ressentir pas mal de choses. La première et la seconde partie sont celles qui m’ont le plus parlé car plus proche de mon vécu.

« Les épivardages », la première partie, est assez animal et étrange. La violence de la nature et de l’enfance est très présente. Mais cette nature est aussi positive et permet de faire des découvertes et des apprentissages.

Extrait de la première partie :

« Tu veux savoir
comment ça marche la vie
la mort l’amour
pis toute la patente
mais ils n’en parlent jamais
dans la terre de chez nous. »

« Un jour
tu as enfermé ton enfance
vivante
dans la garde-robe de cèdre
entre deux catalogues
et une vieille pile de Bulletin des agriculteurs. »

Dans la seconde partie, « les élancements », il y a plus d’amour et même de la bienveillance. On pourrait la comparer à l’adolescence et la découverte des sentiments.

Extrait de la seconde partie :

« Ne fais pas attention
j’écris dans tes angles morts
jamais assez pour traverser
l’arrière-pays
de ton regard. »

« Je me hisse à toi
à tes flores étranges
ton image liquide
recompose la lumière
en lanternes boréales. »

Dans l’ensemble c’est un recueil qui m’a plus et dont le message est bien passé. Il y a plusieurs poèmes que j’ai trouvé absolument magnifique. Après je le trouve assez inégale mais c’est presque normal que tout ne fonctionne pas. Il reste accessible en grande partie mais exige du lecteur beaucoup d’attention et de curiosité. Il faut prendre son temps pour bien comprendre le message de l’auteure.

Editions : La Peuplade – Date de parution : 28 Mars 2019 – 176 pages

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